Encore un épisode de ma collaboration avec Maud Villaret...
Les Javanaises sont parmi les objets les plus "bizarres" qu'on ait exposés... Ni vraiment tableaux, ni vraiment coussins, c'étaient des objets hybrides où notre mélange d'univers s'est exprimé de la façon la plus fantasque, sans souci de faire quelque chose d'existant, simplement guidées par le plaisir de créer.
C'était la déclinaison en grand format des amulettes dont je parlais avant-hier.
Tout commence par une proposition de Maud qui est en amour devant un tissu à motif qu'elle "affectionne tellement qu'elle pourrait en manger" !
Elle m'a préparé des fonds en cuir, sur lesquels les motifs floraux viennent s'imbriquer.
Je n'ai aucune expérience de la peinture sur cuir (à part les yeux et les amulettes), cette gamme de couleurs vives n'est pas la mienne, et je ne sais pas vraiment quoi faire de ces fleurs psychédéliques en 2D... Mais essayons, c'est le moment de sortir de sa zone de confort !
L'été 2016, chez moi, commence alors une session peinture que Maud immortalise.
Je m'inspire assez librement du visage de Diram Uboru, jeune Ethiopienne de l'ethnie Borana, pour le premier cuir.
(une rencontre que j'avais relatée
ici)
Le cuir rentre roulé à Paris, et stagne à l'atelier de Maud, car que faire d'une peau toute molle, par quel système l'accrocher ?
On passe souvent devant, en se demandant ce qu'elle va devenir...
Et puis un soir, Maud a l'illumination, elle veut une toile en 3D, une "amulette" comme les petites que nous avons déjà réalisées.
Elle commence donc à récupérer tout le rembourrage qu'elle peut, pour donner de l'épaisseur à nos 2 visages... Tous les coussins qui décoraient l'atelier de Toubab Paris sont sacrifiés sur l'autel de la création !!
Puis Maud commence à rassembler des tissus et des perles dans l'esprit coloré de la peinture...
Elle brode avec des bandes de tissu bazin, entoure l'objet d'un cordon de wax, on ne l'arrête plus !
Même le dos de l'objet est soigné avec des wax...
La grande trouvaille de Maud sur ce diptyque, ce sont les formes organiques qu'elle coud, rembourre, perle et rebrode (quand je vous dis qu'on ne l'arrête plus !) inlassablement...
Ca pousse dans tous les sens et de toutes les couleurs, c'est un joyeux festival...
Après des heures de travail, on devient légèrement bêtes...
Et on décompresse en rigolant comme des bécasses :-)
Un assemblage de perles assorties vient apporter les finitions...
Et voilà notre diptyque le soir du vernissage !
Il faut croire que ces délires créatifs n'ont pas amusé que nous, puisque les deux "Javanaises" (je ne sais même plus pourquoi nous les avons intitulées ainsi !) ont chacune trouvé une famille.