11 janvier 2014

Train entre Manakara-Fianarantsoa (2/2)

Suite de ma dernière note sur le trajet en train malgache... aux arrêts dans les gares entre Manakara et Fianarantsoa, j'ai acheté du poivre vert, du poivre noir et de savoureuses baies roses à cette petite vendeuse...


"Poivre noir ? Poivre vert ? Baies roses?" - 50x50 cm





Photo © Alain Ledoux

Photo © Bertrand Schaeffer


Photo © Bertrand Schaeffer

07 janvier 2014

Train entre Manakara-Fianarantsoa (1/2)

Nostalgie de mes voyages à Madagascar avec cette petite vendeuse de mangues croisée lors d'un arrêt dans un minuscule village de la ligne de train entre Manakara et Fianarantsoa, dans l'Est malgache...

 "La vendeuse de mangues" - 50x70 cm



A chaque gare, on peut acheter aux habitants des villages des petits en-cas : Mangues, bananes, écrevisses, samoussas... cet interminable trajet (11h30 pour 170 km, et 17 arrêts !) dans ce mythique train bringuebalant reste un de mes meilleurs souvenirs de l'île rouge.




Photo © Alain Ledoux


Photo © Bertrand Schaeffer


 Photo © Alain Ledoux

 Photo © Alain Ledoux


Photo © Bertrand Schaeffer

03 janvier 2014

ENFANT D'ELEPHANT : Rediffusion

Pour ceux qui auraient raté la diffusion du film Enfant d'Eléphant sur France 5 dimanche 29 décembre, il y a une séance de rattrapage : C'est rediffusé lundi 6 janvier à 16h35, sur France 5.

Et sûrement trouvable en replay sur le site de France 5.


C'est pour le tournage de ce film que j'étais en Inde il y a pile 1 an ! On m'y voit dessiner un peu...



01 janvier 2014

Bonne année !

... depuis le fin fond de l'Ethiopie :-)


Et pour vous souhaiter tout le meilleur pour 2014, la bouille d'un petit Berbère croisé sur les routes montagneuses de Tabant en septembre dernier...

25 décembre 2013

Rappel

Joyeux Noël à tous !

Je vous rappelle que le film Enfant d'Eléphant, de Philippe Gautier, est diffusé dimanche 29 décembre à 14h30 sur France 5, et que j'y fais une apparition dessinée... Pour ceux qui l'avaient manquée, voici la bande annonce du film  :


Enfant d’Eléphant de Philippe GAUTIER par 24images

24 décembre 2013

Bangalore

Ca fait quelques temps que je vous raconte les histoires des Kurubas que j'ai rencontrés en Inde il y a tout pile un an.

Cette rencontre en fait partie aussi, celle de cette jeune femme rencontrée lors de notre "réveillon" du nouvel an 2013... Réveillon en plein jour car après 15h tous les Kurubas sont bourrés :'(


"Bangalore" - 20x40 cm

23 décembre 2013

Sumati

Lors de mon séjour en Inde, j'ai pu faire la connaissance de la belle Sumati. Son compagnon Kumara venait chaque jour travailler à la maison, aux soins des éléphants. Pendant ce temps elle s'occupait du petit Vijey Kumar, cuisinait, ou posait pour moi.





Photo : Ojas Gautier, 6 ans !
Le destin de Sumati, comme celui de beaucoup d'autres Kurubas, n'a pas toujours été facile. Les Kurubas ont très souvent de gros problèmes d'alcoolisme. Peu travaillent, et leurs maigres revenus passent en grande partie dans la boisson. Ils font face à un manque d'argent chronique, et souvent les maris battent leurs femmes, voire pire.

Sumati a dû fuir son village et son ancien compagnon, car celui-ci voulait l'obliger à vendre un de ses reins contre un peu d'argent. Sumati a refait sa vie dans un nouveau village, avec Kumara qui semble bien la traiter.


C'est Prajna, qui la connaît bien et parle sa langue, qui m'a raconté son histoire... Difficile d'imaginer ce que cette femme a enduré quand on voit le sourire qu'elle arbore au quotidien...





Le village de la jolie Sumati m'a inspiré un portrait qui fera la couverture du catalogue Allibert Trekking "Le Monde en liberté" 2014... et qui ne sera divulgué que mi janvier 2014... donc patience ;-)

Sur ce, je vous souhaite un joyeux réveillon de Noël... Pour ma part c'est en Ethiopie que je serai à parution de cette note, sûrement à vivre un drôle de réveillon dans la région des tribus de l'Omo !

22 décembre 2013

Dessiner avec les Kurubas (3/3)

Darshan est un copain Kuruba d'Ojas. Depuis que je suis arrivée, elle ne s'arrête plus de dessiner, et partage avec lui le matériel de dessin que je lui ai offert.




Les deux passent de longues heures à dessiner à 4 mains, dehors ou même dans la cuisine !


 Evidemment, il me faut moi aussi mon portrait de ce petit garçon taiseux et mystérieux.








"Darshan" - Travail d'atelier - 40x50 cm

20 décembre 2013

Dessiner avec les Kurubas (2/3)

Le virus du dessin se propage chez les Kurubas...
Alors que je viens de dessiner Susheela avec son bébé Rajesh, elle s'empare de mon crayon pour compléter le dessin à sa manière...







Puis c'est Boji qui emprunte ses aquarelles à Ojas !




J'ai bien aimé l'idée que tout le monde retombe en enfance, quel que soit son âge ou son origine, grâce à seulement quelques couleurs ou crayons... et oublie ses soucis le temps d'un dessin.

Une pensée pour Boji dont le destin, comme celui de tant d'autres Jaïnu Kurubas aux vies émaillées de drames, s'est terminé de façon tragique l'été dernier...

18 décembre 2013

Dessiner avec les Kurubas (1/3)

Chez les Jaïnu Kurubas, au fond de ma forêt indienne du Karnataka, j'avais emmené un exemplaire de mon livre.
Pour expliquer aux gens de la tribu en quoi consistait mon métier, je leur ai fait feuilleter...

Boji commence...

... et appelle Sumati et Vijey Kumar pour qu'ils viennent voir

Prajna, qui m'a invitée ici et qui parle leur langue (le kannada), assure la traduction. Je vois Boji et Sumati incrédules face aux portraits de Madagascar et du Yemen... Je me demande intérieurement ce que ça peut bien leur évoquer...

Quand elles arrivent aux pages sur la Birmanie, je pressens que c'est plus proche d'elles, puisque la Birmanie est un pays frontalier. Elles ont dû, au moins, en entendre parler... ? Je demande à Prajna de leur expliquer en kannada que les visages qu'elles observent sont ceux de Birmans... Ce à quoi Prajna rétorque, dans un français bien à elle (ce n'est pas sa langue maternelle), une phrase qui m'a marquée : "Ca fait aucun sens pour eux. Ils connaissent pas l'extérieur, ils sont comme des crapauds dans un puits".

Voici ce qu'écrit Prajna, Indienne ayant étudié à l'étranger, avant de s'établir dans cette forêt avec ses éléphants, à propos des Jaïnu Kurubas :

"Ils s'appellent les Jaïnu Kurubas — Jaïnu signifie "miel" ou "abeille" —parce qu'ils sont connus comme des cueilleurs de miel. Ils sont là depuis des milliers d'années. On sent encore à leurs traits, leur peau foncée, leurs cheveux souvent frisés, combien ils sont différents du reste de la population. Ils sont considérés comme des intouchables et malgré des siècles de cohabitation, les communautés ne se mélangent pas. C'est pourquoi ils ont conservé leurs traits. Je sais que j'ai franchi un interdit en leur ouvrant ma maison, en partageant ma nourriture avec eux. Le rejet dont ils sont l'objet est inscrit dans leur comportement. Ils ont choisi leurs assiettes et leurs gobelets et ne les mélangent pas avec les miens. Au début, ils n'osaient pas manger devant moi. Ils me parlaient d'un peu loin, ne me regardaient pas dans les yeux. C'est l'héritage de siècles de ségrégation. Même si le Gouvernement a fait de nombreux efforts pour les aider, ils portent ce fardeau. Je crois que c'est la raison pour laquelle ils abusent de l'alcool ou de la cannabis. Toutes les tribus consomment des intoxicants. Toutes les sociétés. Mais leurs excès sont dus à une dépression. L'amère certitude d'être exclu. 

Au fond, dans ce terreau vivant, je n’ai pas eu besoin de chercher mes racines bien longtemps. La réalité de la vie rurale indienne s'est aussitôt rappelée à moi, et les Kurubas m'ont aidée à vivre dans la forêt qui reste pour eux le seul lieu d'évasion, le seul endroit où ils peuvent se sentir libres."


Nagamani a aussi feuilleté le livre.

Ca faisait quelques jours qu'elle m'observait dessiner quand je lui ai prêté mon carnet et un crayon, lui laissant carte blanche pour décorer une double page de mon carnet.



Ojas, la fille de Prajna, avec qui j'ai déjà beaucoup dessiné, inspecte les travaux.


Surprise... Cette enfant a une vraie attirance pour le dessin... Alors qu'elle n'a aucune occasion dans son quotidien de dessiner, on la voit absorbée pendant des heures, complètement coupée du monde, partie bien loin de la réalité. Elle adore les motifs floraux et me dessine une improbable église catholique... (les Kurubas sont animistes).
Pendant ce temps, je la dessine aussi, dans sa robe de princesse en satin rose et manches bouffantes, qui contraste drôlement avec sa belle peau sombre d'intouchable.