16 août 2015

Il y a pile 1 an...



... je faisais un trek dans le parc Gunung Leuser, à Sumatra, en Indonésie, à la recherche de nos cousins des forêts, les orang-outans.
Saviez-vous qu'en langue indonésienne, "orang-utan" signifie homme de la jungle ?

Ca n'a pas empêché l'homme de causer un tort immense à ce cousin très proche, ce cousin rouquin qui partage 96,5% de gènes avec nous.

Autrefois présents dans toute l'Asie du Sud-Est, il ne resterait que 7000 orangs-outans dans le monde, seulement sur les îles de Sumatra et de Borneo.
Mais ils pourraient disparaître dans un futur proche, car les populations continuent à décliner. En cause ?
- La monoculture du palmier à huile
- Le commerce du bois tropical
- Le braconnage. Les bébés orang-outans font l'objet d'un trafic international soutenu...

Quelle tristesse de voir ces derniers singes araignées évoluer de branche en branche avec leurs 4 bras, et de se dire que d'ici une ou 2 générations, ils auront probablement disparu.





On parle beaucoup de l'huile de palme, cette huile utilisée dans les pâtisseries industrielles, dans le Nutella, le pain de mie, etc... Elle donne du moelleux aux aliments.

C'est peut-être une goutte d'eau dans l'océan, mais éviter les produits en contenant, et sensibiliser à cette cause autour de soi, c'est ne pas faire partie de cette humanité qui dévore les forêts tropicales d'Indonésie et de Malaisie en y installant des monocultures de palmiers à huile à perte de vue.

On en entend beaucoup parler dans les médias, mais je vous assure que ça fait un tout autre effet quand on les traverse en bus pendant des heures, ces plantations, installées en lieu et place de l'ancienne forêt tropicale humide...
... pour aller à la rencontre de ces cousins qui vous regardent d'un oeil interrogateur.


15 août 2015

Parures Akhas

Une autre toile terminée récemment, la petite soeur de "Akha aux cauris et pompons"...

"Parures Akha" - 50x70 cm
Collage, sanguine noire, encre, acrylique, gouache et couture de véritables pompons Akha en laine !

"Parures Akha" - Détail

12 août 2015

Akha aux cauris et pompons

Parfois, certaines toiles sont bouclées dans la nuit, sous l'emprise d'une sorte de transe qui est le fruit d'une idée excitante, un tableau arrivé comme une vision, qu'on veut le réaliser sur le champ, sans attendre. Les autres projets peuvent bien attendre... On peut bosser des heures durant, la fatigue et le sommeil n'ont aucune prise, dopé qu'on est à l'adrénaline de voir sa vision prendre vie sur la toile.

Parfois, certaines toiles sont bouclées dans la nuit parce qu'on a procrastiné au maximum, et qu'on est le couteau sous la gorge : C'est la date butoir pour une expo ou un festival.
4 toiles grand format pour après-demain ? C'est chaud, mais ça passe !
L'adrénaline (voire la panique) qui va avec ces situations de stress est souvent un véritable moteur qui donne de petits miracles. Beaucoup de mes toiles préférées sont nées de telles situations. J'en racontais une ici. Quand j'y repense, c'est maso de s'infliger des choses pareilles !... Mais il faut croire que c'est dans ma nature de ne parvenir à me concentrer et mobiliser à 100% que quand la situation est critique...

Et puis parfois, certaines toiles qu'on fait sans enjeu d'expo ou de commande de particulier, traînent pendant des mois... J'ai commencé cette toile au milieu de l'hiver... pour la finir en juillet !



Le travail de couture des cauris était un travail de patience, mais ça n'a pas pris des mois...




Je suis tombée en rupture de stock de pompons akhas, mais en retrouver n'a pas pris des mois... Avec internet, aujourd'hui, il n'y a même plus besoin d'aller soi-même en Thaïlande ou au Laos pour se ravitailler en matière première... (quel dommage pour moi !)



La toile, telle qu'elle a été accrochée chez moi pendant plusieurs mois... 

Et puis un jour, je me suis décidée à y apposer la touche finale !

"Akha aux cauris et pompons" - 70x100 cm
Collage, linogravure, acrylique, cauris, pompons

10 août 2015

Diram Uboru



 Photos : Eric Lafforgue


Le dessin fait sur place à la hâte (je n'en suis pas ravie)


"Diram Uboru" - Toile à l'acrylique - 70x100 cm


Diram Uboru - Détail

07 août 2015

ENVOYE SPECIAL !

Vous vous souvenez, en mai 2014, quand je suis partie à Istanbul pour faire un carnet de voyage ?

J'étais accompagnée du réalisateur Eric Wastiaux et du cameraman Stéphane Rossi.
Nous sommes allés à Istanbul, pour tourner un sujet de 8 minutes sur mon activité de carnettiste.
Le reportage va enfin être diffusé !

RDV jeudi 13 août sur France 2, à 20h50 !






05 août 2015

Un Noël au fin fond de l'Ethiopie

Zaburali, c'est une adorable petite fille rencontrée à Teppi un 24 décembre. On se balade sur la piste d'aéroport enherbée qui sert de zone de marché. On aperçoit cette frêle silhouette fushia qui nous suit à distance, sans trop oser.

Un échange de sourires, une main qui s'enhardit à attraper la mienne, et me voilà avec Zaburali qui pavane en m'emmenant partout avec elle dans le marché. Scène muette car nous n'avons pas un mot en commun !


J'entreprends un dessin, mais la nuit tombe et la foule qui s'agglutine ne m'aide pas à y voir clair. Et on nous recommande de ne pas trop traîner dans le coin, une fois la nuit tombée.


Zaburali rentre chez elle accompagnée de son frère qui parle 3 mots d'anglais. On essaie de prendre RDV pour le lendemain pour finir le dessin et faire de jolies photos.

On n'avait aucune idée si Zaburali serait au RDV... Mais ce fut le cas ! Accompagnée de son papa, avec qui on a partagé le petit dej' d'un joli matin de Noël :-)

Les photos sont de l'inimitable Eric Lafforgue





"Zaburali" - Acrylique - 30x30 cm

03 août 2015

Profil San

Un dessin que j'avais fait en tant que dédicace sur un de mes livres Portraits de voyage, déjà parti chez un client... mais je l'aimais bien, alors j'avais envie de le montrer ici.
C'est une petite fille San, le peuple qui parle une langue à clicks, en Namibie.

31 juillet 2015

Sur une plage à Zanzibar

Fin d'après-midi dorée sur une petite plage du sud de Zanzibar... dans le petit village de Kizimkazi.

A peine arrivés, une nuée d'enfants et d'ados se rue sur nous pour discuter et faire des selfies au téléphone.
C'est une madrasa, une école coranique en sortie de classe, venue faire un goûter sur la plage.

L'occasion est trop belle, pour qui n'a pas peur de la foule qui pousse, pour faire quelques portraits ! Attention ça bouge...


Extrait de mon carnet de voyage : Haulath, 7 ans & Abdul Mohamed Ali, 7 ans

Pendant ce temps, Eric Lafforgue fait de belles photos.



Et de retour en atelier, la jolie bouille d'Abdul Mohamed Ali reprend vie sur toile...

"Sur la plage de Kizimkazi" - Zanzibar
30x30 cm

26 juillet 2015

Chez les Datogas

L'ethnie des Datogas, en Tanzanie, est connue pour les scarifications que se font les femmes autour des yeux... en forme de lunettes !
Les incisions sont faites avec un couteau très aiguisé, et aux dires de toutes, c'est une épreuve très douloureuse. Pourtant rien d'obligatoire à cette tradition. Les femmes choisissent de le faire par coquetterie.
Pour autant, une ado à qui je demande si elle compte s'en faire faire, se dépêche de dire "surtout pas !"

Cette femme n'avait pas les scarifications les plus spectaculaires du village, mais j'aimais son regard doux et intense, alors c'est elle que j'ai choisi de dessiner.

Un beau portrait d'Eric Lafforgue

J'ai commis l'impair de lui demander son nom. Chez les Datogas, on n'appelle pas les personnes âgées par leur prénom. Dès que quelqu'un est en âge d'être parent, on l'appelle "mère de ..." ou "père de ..."

Heureusement, elle a pris ma bévue avec le sourire !

Les Datogas sont connus dans la région pour être d'excellents forgerons. D'ailleurs, nous sommes invités à visiter la forge.
Le forgeron y fabrique ces sublimes bracelets en laiton gravé, que j'ai tout de suite repérés sur les poignets des femmes Datogas.
On assiste à leur fabrication... ce sont des robinets en laiton qui sont récupérés et fondus dans un creuset, avant d'être coulés. Qui aurait cru que de vulgaires robinets fassent d'aussi beaux bijoux ?



Le forgeron est également très habile pour confectionner des pointes de flèches, de différentes formes et calibres, en fonction des animaux auxquels elles sont destinées.

L'ethnie voisine, les Hadzabe, sont des chasseurs cueilleurs apparentés au Sans (bushmen) de Namibie. Ils mènent une vraie vie ancestrale, et chassent encore toute leur viande à l'arc. Ils sont de grands consommateurs de pointes de flèches Datogas. Datogas et Hadzabe sont ainsi devenues 2 ethnies très amies, liées par le commerce de ces outils indispensables à la survie.




Impossible de quitter l'atelier du forgeron sans rapporter des bracelets... 

Depuis mes récents voyages sur le continent africain, j'ai entamé une collection de ces bracelets en laiton qui sont différents dans chaque ethnie. Ethiopie, Namibie, Kenya... Et aujourd'hui, Tanzanie ! Les Datogas semblent être les experts du pays en matière de bracelets en laiton.





Je me fais donc poser 3 nouveaux bracelets en laiton bien patiné, à la méthode locale : Ils sont refermés sur le bras, à la massette, et deviennent inamovibles si on n'est pas outillé.


Attention, Monsieur le forgeron... Tout doux, c'est mon bras du dessin !


Pour celles qui se poseraient la question : 
Non, ce n'est pas si inconfortable, c'est une question d'habitude. 
Non, ça ne gêne pas pour dessiner.
Non, je n'ai pas eu le bras cassé.
Et non, ça ne sonne pas à l'aéroport !