23 février 2017

Daphné O. - L'histoire d'une toile

Aujourd'hui je vous raconte l'histoire de Daphné O., la toute première toile réalisée à quatre mains avec Maud Villaret, créatrice de la marque Toubab Paris.

Pour une première collab', on voulait se tester avec un exercice "sans risque" :
Un portrait simple, un collier de Maud cousu à même la toile. C'était l'occasion de tester si un collier en relief pouvait techniquement être fixé sur une toile à plat.
C'était également l'occasion de nous tester l'une l'autre, de savoir si 2 personnes qui s'entendent déjà bien "dans la vie", sont compatibles pour créer ensemble... s'il n'y allait pas avoir des frictions, des idées divergentes... et si oui, comment nous gèrerions les compromis !

J'avais déjà confiance en Maud pour faire quelque chose de fantastique, en lui laissant le champ libre.
Pourtant même comme ça, la toile est passée par plusieurs humeurs !

Chronologiquement, j'ai commencé par un dessin tout simple en noir et blanc, laissant à Maud beaucoup de liberté pour partir dans plusieurs directions...

C'était cet été, quand Maud était à l'atelier. Nous avions à disposition beaucoup de mes trésors de voyage : tissus, pompons, cauris, breloques, broderies...
Maud avait amené elle aussi un sac à trésors, et nous avons commencé à essayer différents assemblages, posés en vrac pour tester les couleurs et les matières...


Celui ci-dessus était, je l'avoue, mon préféré, et je ne désespère pas que quelque chose dans ce goût voie le jour lors d'une prochaine exposition... ;-)
(Maud si tu passes par là... ^^)



Finalement, ce qui a donné la direction, c'est l'assemblage de boulettes d'une pièce qui se retrouverait plus tard dans la coiffe. Et c'était un grand moment d'enthousiasme de voir Maud créer sous mes yeux pour la première fois !


J'ai pu mesurer la minutie et le sens du détail de Maud. On croit que c'est fini, mais elle rajoute toujours un rang de perles, un empilement de sequins, une surpiqûre orange, une chaînette colorée, une broderie qui se verra à peine...

Une exigence et un perfectionnisme qui vont souvent mal de pair avec la tenue de délais pour une exposition ! (ça, c'est une autre histoire !)
Pourtant, c'est tout ce qui fait l'unicité de son travail...


La suite a eu lieu à l'automne, à l'atelier de Maud. Pendant que Maud brodait inlassablement Pomponnette (pendant près d'une semaine !), j'ai sorti les pinceaux pour réhausser de couleurs et de graphismes, le dessin que j'avais fait.



Le collier s'est construit par étapes successives où nous répondions... Maud ajoutait des rangs là où je n'avais pas peint...



Puis nous avons eu le coup de foudre mutuel pour un coquillage blanc (son petit nom c'est Ovula ovum, qui a donné son nom de famille à Daphné !)



Momen crucial : Le coup de scalpel directement dans la toile en lin pour fixer le coquillage à bonne profondeur !
A ce moment précis, il faut avoir confiance en son binôme !


Vous croyez que la toile est finie ? Et bien non, Maud la perfectionniste trouve que le collier manque encore de rangs ! (et elle a raison, c'était encore mieux après en avoir rajouté)


"Daphné O."
qui a trouvé une famille d'accueil le soir du vernissage

21 février 2017

S'immerger dans les villages papous

Dans les villages papous visités durant ce voyage : Des sourires, de la curiosité, des dessins qui attroupent les villageois, des moments simples partagés, et des chants qui émeuvent par-delà la barrière de la langue...
Et invariablement des "au revoir" à rallonge, au bout du ponton de bois !



Expédition organisée et menée par la Fondation Iris, merci à elle !

19 février 2017

Tutuba - L'histoire d'une toile

Suite de nos stories en atelier avec Maud Villaret...

Attaquons-nous à LA grande toile de l'expo : Tutuba !


Vu le format de la toile (114x146 cm) c'est directement à l'atelier de Maud que cette toile a débuté son histoire...

La toile a été encollée de cartes marines de l'archipel du Vanuatu.
Au fil de l'avancée du portrait, et en coloriant les ombres (activité assez méditative sur un format pareil), j'ai laissé mes yeux divaguer sur les informations de la carte...
Et c'est comme ça que je suis tombée sur le nom de "Tutuba", minuscule îlot au large de l'île d'Espiritu Santo... un endroit que j'ai visité et adoré, il y a plusieurs années. La sonorité m'a plue, en plus du beau souvenir associé : Le nom était trouvé !




Après plusieurs sessions de travail sur le dessin, nous avons attaqué la couture... puisque certains éléments de la veste sont soulignés de ficelle épaisse, ou rebrodés de perles longues métalliques.
Beaucoup de problèmes techniques pour cette étape, et vue la taille de la toile, il était plus pratique de travailler en binôme, pour ne pas avoir à retourner incessamment la toile. Un vrai travail à quatre mains !



Puis Maud a commencé le travail du collier.
Les instructions du mood board, concocté au départ, disaient : "Noir et blanc, graphique, objets de grande taille".

Vous verrez que - comme pour à peu près toutes les toiles de l'expo-, le mood board n'a pas été suivi, car la créativité de Maud est simplement incanalisable !



Il y a finalement eu du tissu bazin dans plusieurs couleurs... notamment sous la forme de berlingots rembourrés,
de la chaînette,
des coquillages,
du cuir,
des perles de verre,
des plumes...








Et voilà enfin notre Tutuba prête à être exposée !

17 février 2017

Ecouter le chorus matinal des oiseaux

Se lever avant l'aube et s'immerger dans une forêt primaire papoue, prise dans les nuages, à l'écoute du chorus matinal des oiseaux...
(n'oubliez pas d'activer le son !)



Expé organisée par la Fondation Iris

14 février 2017

Lluvia - L'histoire d'une toile

Ca y est, notre expo commune avec Maud Villaret est décrochée, et j'ai récupéré à l'atelier, pour mon plus grand plaisir, certaines des toiles...

Comme je l'ai fait l'autre jour pour Pomponnette, voici l'histoire derrière cette toile, Lluvia.

Au départ, un format kakemono qui m'est inhabituel : 50x150 cm. La volonté de traiter les drapés en jouant sur des graphismes avec cette couleur qui m'est toujours chère, l'indigo.
Pour cela, j'ai employé une technique de batik sur papier...
Le premier lavis du drapé a été effectué d'une seule traite, sous l'objectif d'un photographe... Il ne fallait pas se louper !

Photo : Kares Le Roy

Photo : Kares Le Roy

La toile - d'un format pourtant pas idéal pour voyager - m'a ensuite accompagnée dans le train pour Paris, où nous sommes allées ensemble rejoindre l'atelier de Maud.

Installée dans un lieu de passage de l'atelier, elle a attendu que nous lui trouvions une idée de devenir... 
Il y avait des envies de doré, et des envies (la touche Maud !) de jaune fluo. Mais rien de concret...

Lluvia a assisté, en spectatrice, à la création de toutes les autres toiles...
Elle a assisté à la folie des pompons de la période Pomponnette...


... cohabité avec Tutuba quand celle-ci attendait son collier...


... jusqu'au jour où Maud s'est enfin attaquée à la broderie... pas une mice affaire vu le format !


Chaînette, perles de rocaille, rebroderie des taches blanches... un travail de minutie et de patience...


Lluvia exposée à la galerie


"Lluvia"

"Lluvia" - Détail

"Lluvia" - Détail

13 février 2017

Dessiner à Misool...

« L'eau était transparente comme le cristal, et teintait la pente rocheuse qui plongeait abruptement dans ses profondeurs insondables avec des couleurs variant de l'émeraude au lapis-lazuli. La mer était calme comme un lac, et le soleil glorieux des tropiques jetait un flot de lumière dorée sur tout le paysage. La scène était pour moi inexprimablement délicieuse. J'étais dans un monde nouveau, et je pouvais rêver des merveilles de la nature cachées dans ces forêts rocheuses, et dans ces abysses azurés. »
Alfred Russel Wallace, The Malay Achipelago, 1854-1862




Expé menée par la Fondation Iris 

10 février 2017

Nager dans une soupe de méduses

Expérience hors du commun, qui fera peut-être froid dans le dos à certains : 
Se mettre à l'eau dans une véritable soupe de méduses, dans un lac à Misool (Raja Ampat).

Pourtant, aucun risque : Elles vivent isolées de la mer depuis tellement longtemps qu'elles ont perdu leur pouvoir urticant. 
Drôle de sensation de nager parmi elles et les sentir pulser contre sa peau !



Merci à la Fondation Iris pour l'organisation de ce voyage hors norme...

09 février 2017

"Portraits d'ateliers"

C'est le nom du projet de Valérie Aboulker, amie carnettiste que j'ai accueillie à la maison il y a quelques jours...

Elle voyage d'atelier d'artiste en atelier d'artiste, s'inspire de l'ambiance, croque, peint, compose... des images qui sont des concentrés de ces lieux si particuliers...

J'ai eu la chance de faire partie de sa sélection d'artistes, et je suis assez saisie par le résultat, où je retrouve tous mes objets chéris, à travers son oeil et son coup de pinceau.









Si vous aimez son travail, Valérie Aboulker a déjà publié un projet proche : "Portraits d'intérieurs", aux éditions Apeiron. Un livre que je vous recommande...


Le pitch : 
"Ce livre est un carnet de voyages à travers une série de 17 portraits d’intérieurs! Voyages chez les amis de toujours, la famille ou les rencontres d’un moment. Valérie Aboulker dessine les intérieurs des appartements ou des maisons. Un angle de vue, les objets, les couleurs, la luminosité du lieu l’inspirent. Valérie aime les tissus, elle en crée pour chaque intérieur visité; des motifs et des couleurs, reflets de ces vies partagées. Il s’agit d’un voyage graphique dans l’intimité des souvenirs accumulés, des agencements et des décors."

08 février 2017

Barboter avec des requins pointe noire de récif

Parmi les moments inoubliables du voyage : Se lever et se mettre à l'eau directement avec les requins !



Expédition menée par la Fondation Iris

07 février 2017

Décrochage !

Hier soir, c'était le décrochage de notre expo commune avec Maud Villaret... 
Une page se tourne, c'était une superbe aventure de partager tous ces bons moments créatifs !

Un grand MERCI à tous ceux qui sont venus nous voir, pour vos commentaires, vos bonnes ondes et jolis mots dans le livre d'or !
Ça nous donne follement envie de retravailler ensemble ! A suivre...




06 février 2017

Nager avec les raies manta

J'ai vraiment du mal à atterrir de ce magnifique voyage...

Depuis 3 semaines, je suis rentrée, mais je continue à vivre là-bas, de différentes façons...
- En fignolant la mise en forme de mes carnets de voyage (beaucoup de dessins ont été faits sur place, mais le programme était tellement riche que j'ai préféré vivre le voyage à fond, plutôt que de le reporter studieusement dans mes carnets. En résultent des carnets qui nécessitent un gros travail de remise en forme !).
- En écoutant les sons enregistrés sur place (chorus d'oiseaux, musiques des villages...).
- En triant et éditant les milliers de photos
- En commençant à travailler sur le livre collectif qui émergera de notre belle aventure.

Dans ce voyage intense, en connexion avec une nature riche, généreuse et intouchée, j'ai aussi opéré une grosse déconnexion d'avec internet, qui était salvatrice après la fin d'année très (trop ?) remplie que j'ai eue.

Après une telle expérience, il m'est très difficile de reconnecter à internet avec la même assiduité qu'avant. J'avoue subir cette "tyrannie" des écrans avec de plus en plus de réticence, et la pile de mails en retard me paraît assez insurmontable. Patience donc, si vous m'avez écrit et attendez une réponse...
J'ai de plus en plus tendance à préférer mes pinceaux à mes écrans... Instinct de survie oblige, et refus d'y consacrer mes journées, les unes après les autres.
Heureusement, cette année, Nicolas, qui m'aidait déjà les soirs et week-end, sera à mes côtés à plein temps pour me seconder dans cette lourde tâche de secrétariat.

Patience donc pour que le blog reprenne la cadence d'avant. Ce n'est pas la matière qui manque (loin de là), c'est juste l'envie de passer les journées entières derrière un ordinateur !

En attendant les dessins, donc, voici un moment magique vécu pendant ce voyage à Raja Ampat : Plonger avec les raies mantas curieuses et peu farouches qui tournoient et approchent leur gros oeil : inoubliable !!






Photos : Emilia d'Avack (merci à elle !)


(les dessins sous-marins tremblotants, pas encore scannés, témoignent de l'émotion du moment)

Merci à la Fondation Iris pour l'organisation de ce voyage.