Aujourd'hui je vous raconte l'histoire de Daphné O., la toute première toile réalisée à quatre mains avec Maud Villaret, créatrice de la marque
Toubab Paris.
Pour une première collab', on voulait se tester avec un exercice "sans risque" :
Un portrait simple, un collier de Maud cousu à même la toile. C'était l'occasion de tester si un collier en relief pouvait techniquement être fixé sur une toile à plat.
C'était également l'occasion de nous tester l'une l'autre, de savoir si 2 personnes qui s'entendent déjà bien "dans la vie", sont compatibles pour créer ensemble... s'il n'y allait pas avoir des frictions, des idées divergentes... et si oui, comment nous gèrerions les compromis !
J'avais déjà confiance en Maud pour faire quelque chose de fantastique, en lui laissant le champ libre.
Pourtant même comme ça, la toile est passée par plusieurs humeurs !
Chronologiquement, j'ai commencé par un dessin tout simple en noir et blanc, laissant à Maud beaucoup de liberté pour partir dans plusieurs directions...
C'était cet été, quand Maud était à l'atelier. Nous avions à disposition beaucoup de mes trésors de voyage : tissus, pompons, cauris, breloques, broderies...
Maud avait amené elle aussi un sac à trésors, et nous avons commencé à essayer différents assemblages, posés en vrac pour tester les couleurs et les matières...
Celui ci-dessus était, je l'avoue, mon préféré, et je ne désespère pas que quelque chose dans ce goût voie le jour lors d'une prochaine exposition... ;-)
(Maud si tu passes par là... ^^)
Finalement, ce qui a donné la direction, c'est l'assemblage de boulettes d'une pièce qui se retrouverait plus tard dans la coiffe. Et c'était un grand moment d'enthousiasme de voir Maud créer sous mes yeux pour la première fois !
J'ai pu mesurer la minutie et le sens du détail de Maud. On croit que c'est fini, mais elle rajoute toujours un rang de perles, un empilement de sequins, une surpiqûre orange, une chaînette colorée, une broderie qui se verra à peine...
Une exigence et un perfectionnisme qui vont souvent mal de pair avec la tenue de délais pour une exposition ! (ça, c'est une autre histoire !)
Pourtant, c'est tout ce qui fait l'unicité de son travail...
La suite a eu lieu à l'automne, à l'atelier de Maud. Pendant que Maud brodait inlassablement Pomponnette (pendant près d'une semaine !), j'ai sorti les pinceaux pour réhausser de couleurs et de graphismes, le dessin que j'avais fait.
Le collier s'est construit par étapes successives où nous répondions... Maud ajoutait des rangs là où je n'avais pas peint...
Puis nous avons eu le coup de foudre mutuel pour un coquillage blanc (son petit nom c'est
Ovula ovum, qui a donné son nom de famille à Daphné !)
Momen crucial : Le coup de scalpel directement dans la toile en lin pour fixer le coquillage à bonne profondeur !
A ce moment précis, il faut avoir confiance en son binôme !
Vous croyez que la toile est finie ? Et bien non, Maud la perfectionniste trouve que le collier manque encore de rangs ! (et elle a raison, c'était encore mieux après en avoir rajouté)
"Daphné O."
qui a trouvé une famille d'accueil le soir du vernissage