26 mars 2017

Les Javanaises - L'histoire d'un diptyque

Encore un épisode de ma collaboration avec Maud Villaret...

Les Javanaises sont parmi les objets les plus "bizarres" qu'on ait exposés... Ni vraiment tableaux, ni vraiment coussins, c'étaient des objets hybrides où notre mélange d'univers s'est exprimé de la façon la plus fantasque, sans souci de faire quelque chose d'existant, simplement guidées par le plaisir de créer.

C'était la déclinaison en grand format des amulettes dont je parlais avant-hier.


Tout commence par une proposition de Maud qui est en amour devant un tissu à motif qu'elle "affectionne tellement qu'elle pourrait en manger" ! 
Elle m'a préparé des fonds en cuir, sur lesquels les motifs floraux viennent s'imbriquer.



Je n'ai aucune expérience de la peinture sur cuir (à part les yeux et les amulettes), cette gamme de couleurs vives n'est pas la mienne, et je ne sais pas vraiment quoi faire de ces fleurs psychédéliques en 2D... Mais essayons, c'est le moment de sortir de sa zone de confort !

L'été 2016, chez moi, commence alors une session peinture que Maud immortalise.
Je m'inspire assez librement du visage de Diram Uboru, jeune Ethiopienne de l'ethnie Borana, pour le premier cuir.
(une rencontre que j'avais relatée ici)



Le cuir rentre roulé à Paris, et stagne à l'atelier de Maud, car que faire d'une peau toute molle, par quel système l'accrocher ?
On passe souvent devant, en se demandant ce qu'elle va devenir...

Et puis un soir, Maud a l'illumination, elle veut une toile en 3D, une "amulette" comme les petites que nous avons déjà réalisées.

Elle commence donc à récupérer tout le rembourrage qu'elle peut, pour donner de l'épaisseur à nos 2 visages... Tous les coussins qui décoraient l'atelier de Toubab Paris sont sacrifiés sur l'autel de la création !!



Puis Maud commence à rassembler des tissus et des perles dans l'esprit coloré de la peinture...

Elle brode avec des bandes de tissu bazin, entoure l'objet d'un cordon de wax, on ne l'arrête plus !



Même le dos de l'objet est soigné avec des wax...


La grande trouvaille de Maud sur ce diptyque, ce sont les formes organiques qu'elle coud, rembourre, perle et rebrode (quand je vous dis qu'on ne l'arrête plus !) inlassablement... 


Ca pousse dans tous les sens et de toutes les couleurs, c'est un joyeux festival...


Après des heures de travail, on devient légèrement bêtes...


Et on décompresse en rigolant comme des bécasses :-)


Un assemblage de perles assorties vient apporter les finitions...



Et voilà notre diptyque le soir du vernissage !



Il faut croire que ces délires créatifs n'ont pas amusé que nous, puisque les deux "Javanaises" (je ne sais même plus pourquoi nous les avons intitulées ainsi !) ont chacune trouvé une famille.

22 mars 2017

Les amulettes - Coulisses de création

Dans la droite lignée de la série de broches "Yeux", Maud et moi nous sommes amusées à préparer une série d'"amulettes"... des objets porte-bonheur, hybrides entre le gri-gri et la toile...
Ces amulettes étaient des prétextes à créer, car ce sont des objets parfaitement inutiles, mais qui racontent une histoire, celle d'un voyage et de la collecte des objets qui ont servi à le composer, celle de la frénésie issue de la rencontre entre nos 2 créativités.

Voici donc le premier "cuir test" dans lequel je me suis amusée à redessiner en petit des personnages familiers (rencontrés essentiellement en Ethiopie).








Là-dessus, Maud est venue rembourrer et orner, pour que d'un morceau de cuir plat, l'amulette devienne un objet en trois dimensions...



On peut voir le sens des finitions, puisqu'avec Maud même le "dos" des amulettes est orné !


Les cheveux sont rebrodés de fils verts, jaune fluo et dorés...



Dernière retouche sourcil....


Et voici les trois premières amulettes telles qu'elles étaient exposées le soir du vernissage...

Amulette 1 (déjà adoptée)



Amulette 2 (déjà adoptée)

Amulette 3 (à adopter, RDV dans la catégorie "Toiles")

20 mars 2017

Les broches "Yeux" - Coulisses de création

Aujourd'hui je vous raconte les coulisses d'une série d'objets improbables qui a vu le jour lors de ma collab' avec Maud Villaret de Toubab Paris : une série de broches "Yeux".


C'est Maud qui a l'idée de me faire peindre sur des galets de cuir rembourrés qu'elle a fabriqués... 
Je n'ai jamais peint sur du cuir ; ce sera une véritable révélation !


C'est donc une série d'yeux de toutes origines que j'entame à l'acrylique... un exercice assez ludique, puisque dans tous mes portraits, et depuis toujours, ce que j'adore faire, ce sont les yeux ! On ne m'arrête plus...



Le suite se passe autour d'un mojito d'été (sans alcool !) : Maud s'amuse à assembler des éléments de décor autour de l'oeil : perles, jokko, cauris, morceaux de coquillage....
Encore un exercice très ludique, chaque oeil est unique, et on ne sait jamais ce que Maud va inventer...





Voici la série que nous avions préparée pour le jour du vernissage :
(d'autres ont vu le jour depuis)


Et voici mes deux chouchous :



NB : Puisqu'on a reçu des demandes... Pour celles qui seraient tentées d'en adopter un, il nous reste ceux visibles sur les 2 photos ci-dessous. Les prix vont de 80€ (pour les petits, simples) à 135€ (pour les plus élaborés)





10 mars 2017

Makotu - L'histoire d'une toile

Merci à tous pour vos retours positifs sur les notes de blog précédentes, qui mettent en scène les coulisses de la création à quatre mains avec Maud. Ca nous donne envie de continuer.

Encore quelques notes de blog dans cette veine !

Aujourd'hui c'est l'histoire du portrait de Makotu, une belle Birmane rencontrée en janvier 2016 au marché de Kengtung, pendant une inhabituelle vague de froid. Pendant que je la dessinais, elle faisait chauffer des saucisses sur son brasero pour se réchauffer.
J'avais déjà relaté sa rencontre sur ce post.


Plusieurs mois sont passés sans que je prenne le temps de la redessiner en atelier.
Alors quand, chez Maud, on évoque des envies de turquoise et de vert émeraude, je repense à sa serviette éponge entourant son beau visage serein.

Je la peins à l'aquarelle en petit format sur des collages de papiers birmans.



Notez le radiateur allumé dans l'atelier de Maud, auquel il fallait rester collées pour ne pas s'aventurer dans le reste de l'atelier, où il faisait entre 5 et 10°C... Histoire de rester dans l'ambiance frigorifiée de ma rencontre avec Makotu !
(Maud on aurait dû faire chauffer des saucisses sur le radiateur pour parfaire la reconstitution !)

Puis la touche Maud, ça a été l'ajout de perles de jokko dans les camaïeux de la toile.
Comment les fixer avant de les coudre ? Avec des épingles ?


Non, finalement elles seront fixées sur un ruban adhésif, pour les garder dans l'ordre en attendant de les coudre



Après couture des Jokko, Maud (qui semble vouloir rester anonyme sur cette photo, ou alors il est 3h du mat' et elle pète un plomb !) sort la perceuse pour installer des pendeloques...



Et voilà Makotu terminée, telle qu'elle a été exposée à la galerie (et a trouvé une famille d'accueil)