Parfois, certaines toiles sont bouclées dans la nuit, sous l'emprise d'une sorte de transe qui est le fruit d'une idée excitante, un tableau arrivé comme une vision, qu'on veut le réaliser sur le champ, sans attendre. Les autres projets peuvent bien attendre... On peut bosser des heures durant, la fatigue et le sommeil n'ont aucune prise, dopé qu'on est à l'adrénaline de voir sa vision prendre vie sur la toile.
Parfois, certaines toiles sont bouclées dans la nuit parce qu'on a procrastiné au maximum, et qu'on est le couteau sous la gorge : C'est la date butoir pour une expo ou un festival.
4 toiles grand format pour après-demain ? C'est chaud, mais ça passe !
L'adrénaline (voire la panique) qui va avec ces situations de stress est souvent un véritable moteur qui donne de petits miracles. Beaucoup de mes toiles préférées sont nées de telles situations. J'en racontais une
ici. Quand j'y repense, c'est maso de s'infliger des choses pareilles !... Mais il faut croire que c'est dans ma nature de ne parvenir à me concentrer et mobiliser à 100% que quand la situation est critique...
Et puis parfois, certaines toiles qu'on fait sans enjeu d'expo ou de commande de particulier, traînent pendant des mois... J'ai commencé cette toile au milieu de l'hiver... pour la finir en juillet !
Le travail de couture des cauris était un travail de patience, mais ça n'a pas pris des mois...
Je suis tombée en rupture de stock de pompons akhas, mais en retrouver n'a pas pris des mois... Avec internet, aujourd'hui, il n'y a même plus besoin d'aller soi-même en Thaïlande ou au Laos pour se ravitailler en matière première... (quel dommage pour moi !)
La toile, telle qu'elle a été accrochée chez moi pendant plusieurs mois...
Et puis un jour, je me suis décidée à y apposer la touche finale !
"Akha aux cauris et pompons" - 70x100 cm
Collage, linogravure, acrylique, cauris, pompons